Lorsque j'ai démarré, en élève très appliquée de l'IUFM, je faisais des fiches de prép ultra détaillées pour absolument toutes les matières et pour pouvoir les réutiliser ultérieurement et les modifier simplement, je les tapais même sur mon ordinateur...

Mes premières fiches de préparation :

Elles comportaient dans l'en-tête :
- le titre de la leçon
- le niveau concerné,
- la compétence visée (cf IO),
- les objectifs d'apprentissages (méthodologiques, etc.)
- le matériel nécessaire

Le déroulement de la séance précisait :
- le découpage de la séance avec le minutage de chaque partie,
- toutes les question que je comptais poser et leur réponse en grisé,
- les exercices que je comptais leur faire faire avec la correction,
- la trace écrite...

Les exercices étaient piochés à droite à gauche dans des manuels différents, après de longues réflexions et scannés pour être assemblés sur une feuille ou deux à photocopier et distribuer aux élèves (j'ai passé mon année à faire des photocopies)...

L'avantage de ces fiches de prép, c'est qu'elles étaient utilisables par absolument n'importe qui tellement elles étaient complètes. L'inconvénient, c'est que la première année, je n'ai pas levé le nez d'un bouquin, que j'ai travaillé autant que pour préparer le concours, vacances comprises et que j'étais littéralement épuisée à la fin de l'année.... Et en plus, je me suis rendue compte que je ne les réutilisais pas l'année suivante...

Mes fiches de préparation actuelles :

Je fonctionne aujourd'hui différemment et me suis un peu éloignée des principes IUFM comme la majorité de mes collègues. Non pas pour me la couler douce toute l'année mais pour porter mes efforts là où c'est nécessaire et ménager mes forces le reste du temps pour avoir toujours l'enthousiasme et l'énergie qui va porter mes élèves et leur donner envie de venir en classe avec moi...

Aujourd'hui, je distingue dans un premier temps :
- les séances qui nécessitent une fiche de prép par leur complexité ou mon envie de faire original,
- les séances qui se contenteront d'une bonne préparation long terme et sans fiche à proprement parler.

Ainsi, des matières comme la géométrie, ou le vocabulaire ne me semblent pas forcément nécessiter une fiche de prép (après un peu d'expérience)... Pour ces matières, je n'ai en réalité besoin que de trois choses :
- une bonne trace écrite bien construite à laquelle je n'ai plus besoin de réfléchir (qui évoluera peu dans le temps),
- un certain nombre d'exercices et leur corrigé pris sur le manuel des élèves,
- une idée de démarrage toujours différente et originale (ardoise, situation-pb, défi, recherche de groupe, etc.)

Concrêtement :

  1. J'ai cherché sur internet des traces écrites dans ces matières, je les ai comparées entres elles, comparées aux "leçons" disponibles sur un ou deux manuels scolaire et j'ai construit ma propre trace écrite. Je l'ai tapée proprement sur mon ordi en la présentant comme pour mes élèves (titre principal en rouge, souligné, sous-titre en vert souligné, etc.). Comme cela, plus besoin de réfléchir à la présentation, à l'orthographe d'un mot, au choix d'un exemple lorsque j'écris la leçon au tableau. J'ai glissé toutes ces leçons dans le bon ordre dans un lutin (classeur à feuilles transparentes) que j'ai le bonheur de laisser à l'école...

  2. J'ai ensuite cherché dans les manuels de la classe, les exercices qui étayaient ou illustraient ma leçon. Pour ceux là, j'ai travaillé à la main sur une feuille à carreau. Pour chaque leçon, j'ai prévu les exercices à faire en classe, ceux à faire comme devoirs à la maison (c'est interdit mais j'en donne quand même surtout en géométrie car en classe on n'a pas le temps d'en faire autant qu'il faudrait) et j'ai noté sur ma feuille le corrigé pour n'avoir aucun calcul à faire en classe ou doute devant les élèves. j'ajoute un exercice pour les élèves les plus rapides...Je glisse cette feuille avec la trace écrite et je suis parée pour l'année.. Je m'y prends très à l'avance car ca prend beaucoup moins de temps qu'une fiche de prép et mes élèves sont satisfaits de ma rigueur et de cette impression que je sais où on va très précisément...

Je suis pour l'instant très satisfaite de ce fonctionnement pour plusieurs raisons :

  • lorsque je change d'école et de manuels, il me suffit de refaire les exercices en fonction du nouveau manuel disponible mais je garde ma trace écrite (modifiable si nécessaire) et donc ma visibilité long terme,

  • si un exo ne me convient plus ou que j'en trouve un mieux, il me suffit de le remplacer sur ma feuille à carreaux,

  • le fait que les élèves travaillent sur un manuel m'évite des heures de recherches, des heures de photocopies,

  • si un élève est absent, je n'ai qu'à lui photocopier la trace écrite et lui donner la liste des exos faits en son absence,

Les séquences nécessitant une fiche de préparation :

Je ressens le besoin de fiches de préparation lorsque je travaille sans manuel, sans trace écrite standard. Je pense ainsi aux projets d'écriture (écrire un album, écrire une nouvelle, écrire un recueil de poésie ou un roman en classe), aux lectures suivies en littérature.

En ce qui concerne les projets, que ce soit d'écriture, de spectacle, d'une thématique transversale (étudier le MA aussi bien en Histoire qu'en Français, en Arts visuels, etc..), la diversité des séances et la nécessité de cadrer et d'ordonner le projet impose la fiche de préparation, qui sans être forcément ultra détaillée, devra toutefois préciser :
- le thème étudié,
- les différentes matières impactées,
- les objectifs poursuivis et les moyens mis en oeuvre,
- la durée du projet,
- le déroulement du projet (nombre de séance, objet de chaque séance, etc.),

Pour la littérature, je distingue plusieurs parties :
- la présentation de l'oeuvre,
- les thèmes abordés par l'oeuvre,
- le plan des séances et leur objectif,
- la compréhension de l'oeuvre (fiches de lecture personnalisées - travail assez long à réaliser),
- l'interprétation systématique du texte et parfois des illustrations (passer d'une compréhension immédiate à experte),
- la production d'écrits en rapport avec la lecture.