Je suis toujours aussi enchantée.. L'atmosphère n'a jamais été aussi sereine et paisible dans ma classe.
Moi, qui ai tendance à parler fort, je me retrouve à chuchoter 2 heures par jour!!!
Mes élèves n'ont plus le temps de bavarder, rêver ou s'agiter durant ces ateliers. Ils sont concentrés, acteurs de leur apprentissage.

Le rythme commence à être pris en plan de travail..
Tout le monde a quasiment terminé la première colonne des exercices du plan de travail.
Certains sont bien avancés sur la seconde colonne.. Plusieurs élèves se sont déjà inscrits pour passer des bilans en autonomie...
Les élèves rapides apprécient de ne pas avoir besoin d'attendre leurs camarades.
Les élèves plus lents apprécient que je sois plus disponibles et que l'atmosphère soit sereine pour que je leur explique le travail ou une notion.

10 semaines plus tard :

Je me suis rendu compte que nous n'avancions pas tout à fait comme je le souhaitais.
Après un temps de recul, j'ai réalisé que 30 minutes de plan de travail par jour pour aborder tous les apprentissages nouveaux en maths et en français n'était pas suffisant malgré l'efficacité du système. J'ai donc décidé de remanier un peu l'emploi du temps et de passer à 2 ateliers de plan de travail (un spécifiquement maths et un spécifiquement français) par jour.

Et là, enfin, nous sommes dans le bon rythme : celui qui me permettra de boucler mon programme sans stress pour moi ni pour mes élèves. On fait un peu moins de rebrassage mais on y est...

Le système de leçon-remediation à postériori fonctionne également très bien..
En fait, les enfants écoutent mieux la leçon quand ils ont été confronté à une difficulté en exercice et qu'ils en ont besoin pour la résoudre.. Ils se sentent directement concernés.
Finalement, c'est moi qui suis le plus troublée d'expliquer moins de leçons qu'avant.. J'ai l'impression de ne pas avancer dans mes programmations... alors que ce sont mes élèves qui m'ont dépassés...

6 semaines plus tard :

Maintenant, ce sont mes élèves qui se proposent et viennent expliquer au reste de la classe une notion mal comprise.
Ils adorent... et ils expérimentent que pour être compris, ils doivent faire un effort de structuration de leur pensée. Ils doivent chercher des exemples pour illustrer leurs propos. Et moi, je ne suis plus au centre de l'apprentissage.

L'atelier renforcement a un peu évolué..
Au départ, les élèves travaillaient sur fiche, ou sur le cahier du jour durant cet atelier renforcement.. Mais cela ne m'a pas satisfaite. J'avais l'impression que mes élèves travaillaient de la même manière qu'en plan de travail... De plus, je faisais beaucoup de photocopies et j'avais énormément de corrections. 
J'ai donc réfléchi à des activités qu'ils pourraient faire sur feuille plastifiée avec correction immédiate. J'ai remarqué depuis longtemps que lorsqu'ils travaillent sur ardoise, ils n'ont pas l'impression de travailler. De plus, l'erreur n'a plus le même statut. Ils effacent et recommencent plus facilement. J'ai donc cherché des activités plus ou moins ludiques pour diversifier les entrées dans cet atelier.

Je fais toujours beaucoup de photocopies pour alimenter cet atelier, mais j'espère que ce ne sera que cette année et que les années suivantes seront moins gourmandes!!

J'ai également fait le choix de rendre cet atelier thématique pour pouvoir mieux en gérer la programmation et la diversité des activités proposées...
Donc, maintenant, c'est :
- lundi : rebrassage numération et calculs,
- mardi : rebrassage étude de la langue,
- mercredi : manipulations en géométrie (tracés à la règle, utilisation du compas, de l'équerre, symétrie, frises)
- jeudi : rebrassage étude de la langue
- vendredi : jeux pédagogiques (mistigri, dominos  de conjugaison, grammaire, etc... Merci Mallory pour tous tes jeux).

L'atelier numérique s'enrichit aussi.
J'ai inscrit mes élèves sur le site classe numérique  qui permet de créer également des plans de travail.
Du coup, les exercices réalisés sur ordinateur peuvent remplacer d'autres sur le plan de travail papier et font appel à une autre forme d'intelligence. J'ai installé sur les ordinateurs de l'atelier différents sites que j'apprécie :

- jeuxpedago,
- L'instit
- professeur Phifix
- etc..

J'en ajouterai au fil de l'année et de mes découvertes...

Partage d'expérience
Mes collègues commencent à s'intéresser à l'expérience que je vis en ce moment.  A me voir si enchantée (bien que fatiguée par la quantité de choses à préparer), elles ont envie de voir... L'une qui était disponible un mercredi matin est venue passer la matinée dans ma classe et est repartie convaincue et enchantée.
Une autre, prévoit de venir également assister à 1h30 de fonctionnement en atelier, pour observer le comportement et l'activité des élèves, de même que l'organisation mise en place.

6 semaines plus tard :

Les visites se poursuivent et ce qui étonne chaque fois (comme cela m'a étonnée moi aussi...), c'est le fait de voir les élèves si actifs, si occupés et si calmes aussi. Ces ateliers sont très studieux et sereins, à condition que moi aussi je chuchote. Si je commence à parler même à mi-voix, le niveau sonore monte immédiatement.

Je réfléchis à investir l'an prochain dans des panneaux de séparation translucides et amovibles comme on trouve en maternelle.. Je testerai la chose en fin d'année avec ceux d'une collègue de maternelle...

Evaluations
Le dispositif en plan de travail, impose un gros travail de préparation à l'enseignant.
Il impose en particulier de préparer toutes les évaluations à l'avance.
En effet, un enfant qui se sent prêt (et qui a fait son quota d'exercices sur le plan de travail) peut s'inscrire pour passer une évaluation. C'est donc un gros travail en amont mais un grand confort pour l'enseignante par la suite.

Pour les élèves, je suis une fois encore impressionnée...Pour la majorité des élèves, on sent une forme de jubilation à décider s'ils sont prêt ou non et à venir me réclamer une évaluation. On sent chez eux une grande fierté... Il faut même parfois leur conseiller de se ménager car en fin de période, on ne les arrête plus....

Une toute petite minorité reste craintive ou peu concernée et ne s'inscrit presque pas aux évaluations.
Pour ceux-là, je prévois des dates butoirs inscrites dans le cahier de texte "Tous ceux qui n'ont pas passé telle éval la passeront obligatoirement le .........."

6 semaines plus tard :

La valeur et la perception par les élèves de l'évaluation a également évolué  dans ce nouveau dispositif.
Une évaluation peut être commencée un jour et terminée le lendemain si l'élève n'a pas eu assez de temps.
De même, si un élève démarre une évaluation et se rend compte qu'il n'est pas prêt, il peut l'abandonner provisoirement.
Mais il note sur son cahier de texte qu'il doit absolument retravailler cette notion en atelier de travail personnel ou à la maison.
De fait, l'évaluation n'est pas sanction, n'est plus tout à fait le reflet d'un instant T, mais une vraie validation des acquis.C'est quelque chose que j'avais du mal à "entendre" avant, dans un dispositif plus classique mais qui me parait maintenant évidente.

Il me reste un point à travailler (pour l'an prochain... car on ne peut pas tout révolutionner d'un coup!).Il faut que j'accepte l'idée que je ne suis pas obligée de faire une évaluation formelle pour chaque notion.
Certaines acquisitions peuvent être validées par l'observation de l'élève en classe.

C'est pour moi encore un peu difficile... Comment justifier auprès d'un parent que son enfant n'ait pas validé telle compétence si je n'ai pas de "trace écrite"? Ne vais-je pas être taxée de laxisme ou de paresse... Il faut encore que j'y travaille...